• Du minimalisme

    Loin de moi l'idée de disserter sur ce qu'EST le minimalisme. Si vous voulez vous pencher sur la question, mister Google vous aidera sans doute mieux que moi.

    Non! Plus sérieusement, je pense qu'on naît minismalistes, que toute notre éducation et la société nous éloigne de cela pendant nombre d'années et que certains renouent avec cette forme de simplicité qui rend la vie tellement agréable. 

    De 2010 à 2012, j'ai vécu aux Etats-Unis avec le contenu de deux valises. Une pour mon fils. L'autre pour moi. Notre budget était tellement serré que nous finissions le mois avec 0,80 $ sur le compte. Après 1 an là-bas, nous avions réussi à disposer de 7 $ à la fin du mois. Ce fut une joie immense que d'avoir à se dire "Y a t-il quelque chose qui nous ferait plaisir pour égayer notre meublé de Brooklyn?". Notre choix se porta sur un poster noir et blanc de Times Square dans les années 30. A ce jour, ce poster est toujours au mur, ici, dans mon appartement de Nice.

    Ces deux années furent magiques. Terriblement difficiles et merveilleuses à la fois. Ce blog peut en témoigner. Sept ans se sont écoulés et qu'en reste t-il? Sans en douter une seconde, un changement radical de pensée et de regard sur ce qui est important et la question du choix.

    Une lecture également a été déterminante (ici) : "L'art de l'essentiel" de Dominique Loreau. Le lire c'est bien. Encore faut-il que cela vous "parle". Et ses propos ont résonné lorsque je l'ai lu, en quelque jours, lors de mes trajets RER Pontoise Paris en 2012, tout fraîchement débarquée de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle.

    Car enfin, ne nous y trompons pas : il ne s'agit pas seulement de trier un tiroir, de recycler nos derniers emballages de course et de fermer le robinet lorsque l'on se brosse les dents et de se dire "Hourra! Je manie l'art de l'essentiel avec talent et conviction".

    Pour ma part, ce fut un long et lent processus, mêlant observation (parfois avec consternation teintée d'ironie), décisions et actions. 

    Trier et jeter, cela fait un bien fou. Encore ne faut-il pas céder à la pulsion du shopping juste derrière. N'est-il pas délectable d'arpenter les allées de son magasin préféré tout en se disant que nul achat n'est nécessaire et de se laisser porter par ce petit plaisir d'observer, de repérer (lorsque l'achat sera nécessaire) et même d'essayer, d'être là, dans cette cabine et de se dire "Mais... Mais... Mais... cette petite robe est divine, rien à retoucher!" et de laisser cette merveilleueueueueuse petite robe et de repartir nonchalamment dudit magasin, sans rien acheter au final.

    Aller au marché une fois de temps en temps c'est pittoresque. Nul besoin d'un marché au pied de son immeuble pour avoir le réflexe de manger un fruit à chaque repas ou de cuisiner un maximum de légumes chaque jour.

    Dé-sen-com-brer! Mon maître mot! J'ai toujours détesté les espaces encombrés. Que ce soit en terme d'objets ou même de couleur. Depuis sept ans, j'ai vendu, donné, jeté. Je me suis débarrassée de tout le superflu, de tout ce dont je ne me servais plus. Je n'ai gardé que l'essentiel. Mon appartement est petit et quel bonheur que d'y habiter. La déco se résume à trois couleurs : blanc/beige/gris. Le luxe étant quelques touches de rouge de-ci de-là. Mon jardinet se résume à un mandarinier en pot (beige), une agapanthe (rose), un laurier (rose), un kalanchoé (blanc) et du buis. Une petite table et deux chaises pour profiter du soleil et des petits déjeuners au doux son des oiseaux pour profiter de cette luminosité si spéciale ici.

    Mon dressing est réduit au minimum aussi. Quelques tenues d'hiver. Quelques tenues d'été. Deux paires de chaussures pour l'hiver. Idem pour l'été. Une paire de basket pour le sport. Et voilà!

    Dernier allègement en date : les achats alimentaires en vrac. Seul achat : les bocaux. Plus de cartons à jeter, d'emballages à déchiffrer à l'achat. C'est moins cher. C'est esthétique et c'est bon. 

    Au niveau professionnel, j'allège aussi. Pas forcément par choix. Ma salle de classe ne fait que 20 m2. Donc, je m'adapte. J'ai récupéré un vieux meuble à jeter pour constituer ma petite bibliothèque. Les élèves ne viennent pas avec leur trousse. Ils ont une barquette avec tout ce dont ils ont besoin. Je fais le minimum de photocopies et privilégie les diaporamas que je diffuse sur un mur 2 mètres sur 2. Les élèves adorent!

    Mes vacances aussi sont minimalistes. L'échange de maison est une formule que j'apprécie toujours autant. Pourquoi aller à l'hôtel lorsque vous pouvez bénéficier du même confort que chez vous et gratuitement?

    Je n'achète plus de livres. J'emprunte à la bibliothèque. J'adore ce moment où j'ai ce choix quasi-infini mais aussi lorsque je ramène le livre et que je m'allège de cet objet. Hop!

    En fait, "l'art de l'essentiel" est un art de vivre qui concerne tous les aspects de notre vie. 

    Alors, oui au recyclage, au désencombrement, aux achats réfléchis, au dépouillement, à l'alimentation équilibrée, au dressing réduit, mais qu'en est-il de nos relations? Peut-on être minimalistes dans notre rapport aux autres? Et qu'en est-il de nos relations personnelles?

    Si être minimaliste, c'est simplifier sa vie, je dirais que c'est possible (au conditionnel et avec d'infinies précautions) en me gardant bien de toute certitude,  si ce n'est la conviction et la volonté de vivre en harmonie, soi envers soi, soi avec les autres.

    Car nous avons toujours le choix. 

    De dire oui, en harmonie.

    De dire non, en harmonie.

    Et parce que cette fin d'article est bien sérieuse, un moment de ma série culte (la salle de bain de la 1ère scène est un exemple de minimalisme selon moi. Ha ha! Et l'idée d'une brosse à dent pour deux... électrique cela va de soi... est excellente... à moins que ce ne soit le visage de Mr Big, tout fier de sa trouvaille).

    Ces deux-là sont.... uniques!

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :