• Cet été avait commencé dans les airs!

    Après une annulation de notre vol Nice-Rennes et une modification en Nice-Paris-Rennes, la découverte de la Bretagne a été une très agréable surprise. Plages de sable doré, GR 34 offrant des vues à couper le souffle, rochers géants dont les formes défient votre imagination, petits villages aux maisons de poupée, hortensias éblouissants, champs de blé à perte de vue, vergers de pommiers, fraîcheur de la forêt de Brocéliande, mystérieuse et tentaculaire. 

    De retour à Nice, c'était sans compter mon hyperactivité légendaire. J'avais 24h pour préparer ma valise et décoller à nouveau pour Paris pour un court séjour avec mon aînée. Puis je devais enchaîner avec un autre échange de maison qui m'avait été proposé juste au bon moment, afin de profiter de Paris et de moments avec mon cadet, bientôt en partance pour un an au Japon.

    Ce devait donc être un été dans les airs, un été de découvertes, un été de moments choisis avec mes proches.

    C'était sans compter ce que l'on a coutume d'appeler ... l'imprévu.

    11h50 - Boarding pass pour Paris en poche, je pense déjà à ce qui va constituer ma valise pour les 48 h à venir. Rien de bien extraordinaire, l'important étant de se sentir à l'aise et de pouvoir arpenter les rues de la capitale d'un pas (Ha Ha!) assuré et confortable.

    11h55 - Je suis par terre, une chaussure à la main, et je n'ai pas compris comment j'en suis arrivée là. Certes, il y avait bien ce petit trou dans le trottoir. Mais de là à tomber sur moi-même telle une poupée de chiffon. Aucune douleur. Rien. Les gens me regardent. Le fiston me demande si ça va. Je réponds que je ne sais pas. Je m'assois sur un muret. Et je pose le pied par terre. Ok. J'ai alors la certitude d'une fracture au pied. 

    Le hasard fait parfois bien les choses (hum!). Mon autre fiston devait passer manger à la maison juste à ce moment. Et bien, il m'a récupéré là, sans chaussure, sous un soleil de plomb, faisant la grimace et clopin-clopan jusqu'à sa voiture. Direction les urgences. Aucune surprise : fracture du 5e métatarse avec arrachement osseux (Ah! c'est donc ça qui fait aussi mal jusqu'à faire pleurer la battante que je suis d'habitude).

    Et c'est reparti (oui, je dis ça car c'est la 3e fracture en 3 ans. Sauf que là, c'est un peu plus méchant que d'habitude). J'échappe au plâtre et j'écope d'une botte de marche, de béquilles et de bandes de contention (c'est d'un glamour!).

    Je sors des urgences (où personne ne m'a proposé d'antalgique) et je ne sais pas pour combien de temps j'en ai. RV dans 8 jours pour une visite auprès d'un chirurgien ortho.

    La première nuit est une horreur.  Je me retrouve donc sur mon canapé à 8h00 du matin. Je vais rester là 4 h à ne pas bouger car chaque mouvement réveille une douleur difficilement supportable. 4h, c'est long pour certains. Et bien, c'est ce qu'il m'a fallu pour pouvoir envisager l'idée de prendre une douche seule. Technique du flamand rose. Sur un pied. L'autre étant bleu, car pendouillant lamentablement. J'ai l'impression que tout le sang de mon corps est dans ce pied et que mon coeur s'est déplacé là, battant de plus belle. Mais maintenant que je suis sous la douche, je ne peux faire "marche arrière". Ah ah! Marche...Toute mouillée, dégoulinante, vite, les béquilles. HOp, un petit saut hors de la douche. Le pied pendouillant est violet. Non non! Je n'ai pas mal. Ouille!!!! mais si... Vite, vite, la botte de sept lieues au pied. Vite, vite, je m'assois sur les toilettes pour m'habiller. Vite, vite, un coup de brosse. Pas de brushing. Pas de maquillage. Mon Dieu! Ma tête dans le miroir. Vite, vite, le canapé.

    Cette première douche, c'était une victoire. Yessss! J'étais capable de ça. Et c'était pas si mal. 

    14h. Pas encore mangé. Mais la cuisine est si loin (4 mètres) et la station debout tellement douloureuse. HOp, hop hop... une tomate, une betterave, un yaourt et.... canapé.

    Je vous fais grâce des heures d'oisiveté à zapper des programmes insipides ou des coups de fils à l'assurance pour mettre en place une aide à domicile et organiser les semaines à venir avec un tant soit peu de dignité et pour ne pas trop embêter mon entourage.

    8 jours après, le chirurgien orthopédiste m'annonce qu'il faudra ainsi garder la botte et les béquilles entre 6 et 8 semaines. 

    Adieu veaux, vaches, cochons! 

    L'immobilisation durera TOUT l'été. Et je ne suis pas certaine d'être d'aplomb pour la rentrée. La rééducation devant débuter début septembre.

    Toute expérience nous enseigne quelque chose. C'est bien connu. Et ce n'est peut-être pas un hasard si mon petit pied a cédé ce 16 juillet précisément. Il est important d'écouter ce que notre corps a à nous dire. Dans mon cas précis, c'est un grand STOP! C'est une parenthèse calme, un repos forcé, une réduction drastique de toutes mes activités, de mon champ d'action, une limitation de mes mouvements, ma posture face à la douleur, à une perte d'autonomie, à une impossibilité de pouvoir profiter de tout ce que j'aime (tous ceux que j'aime aussi). Bref, une période test  et un retour sur soi, à un moment où je m'y attendais le moins.

    Telle Perrette, je suis face à mon petit pied (croyez-moi, il est vraiment petit!) cassé et ce temps qui m'est ainsi donné, je l'ai maintenant accepté, avec sagesse et humilité, pour me poser (comme l'on se pose des questions d'ailleurs) et simplement être et non plus agir. 

    Cet été se poursuivra donc dans les R :

    - Repos

    - Réfléchir

    - Relativiser

    - Récupérer

    - Reconstituer

    - Réapprendre

    - Rebondir

    et enfin...

    - Réussir.

    A cloche-pied

     

    Et pour conclure, une vidéo, un discours, une voix, une dame, un accent et une petite routine qui font du BIEN!!!

     


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  • Loin de moi l'idée de disserter sur ce qu'EST le minimalisme. Si vous voulez vous pencher sur la question, mister Google vous aidera sans doute mieux que moi.

    Non! Plus sérieusement, je pense qu'on naît minismalistes, que toute notre éducation et la société nous éloigne de cela pendant nombre d'années et que certains renouent avec cette forme de simplicité qui rend la vie tellement agréable. 

    De 2010 à 2012, j'ai vécu aux Etats-Unis avec le contenu de deux valises. Une pour mon fils. L'autre pour moi. Notre budget était tellement serré que nous finissions le mois avec 0,80 $ sur le compte. Après 1 an là-bas, nous avions réussi à disposer de 7 $ à la fin du mois. Ce fut une joie immense que d'avoir à se dire "Y a t-il quelque chose qui nous ferait plaisir pour égayer notre meublé de Brooklyn?". Notre choix se porta sur un poster noir et blanc de Times Square dans les années 30. A ce jour, ce poster est toujours au mur, ici, dans mon appartement de Nice.

    Ces deux années furent magiques. Terriblement difficiles et merveilleuses à la fois. Ce blog peut en témoigner. Sept ans se sont écoulés et qu'en reste t-il? Sans en douter une seconde, un changement radical de pensée et de regard sur ce qui est important et la question du choix.

    Une lecture également a été déterminante (ici) : "L'art de l'essentiel" de Dominique Loreau. Le lire c'est bien. Encore faut-il que cela vous "parle". Et ses propos ont résonné lorsque je l'ai lu, en quelque jours, lors de mes trajets RER Pontoise Paris en 2012, tout fraîchement débarquée de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle.

    Car enfin, ne nous y trompons pas : il ne s'agit pas seulement de trier un tiroir, de recycler nos derniers emballages de course et de fermer le robinet lorsque l'on se brosse les dents et de se dire "Hourra! Je manie l'art de l'essentiel avec talent et conviction".

    Pour ma part, ce fut un long et lent processus, mêlant observation (parfois avec consternation teintée d'ironie), décisions et actions. 

    Trier et jeter, cela fait un bien fou. Encore ne faut-il pas céder à la pulsion du shopping juste derrière. N'est-il pas délectable d'arpenter les allées de son magasin préféré tout en se disant que nul achat n'est nécessaire et de se laisser porter par ce petit plaisir d'observer, de repérer (lorsque l'achat sera nécessaire) et même d'essayer, d'être là, dans cette cabine et de se dire "Mais... Mais... Mais... cette petite robe est divine, rien à retoucher!" et de laisser cette merveilleueueueueuse petite robe et de repartir nonchalamment dudit magasin, sans rien acheter au final.

    Aller au marché une fois de temps en temps c'est pittoresque. Nul besoin d'un marché au pied de son immeuble pour avoir le réflexe de manger un fruit à chaque repas ou de cuisiner un maximum de légumes chaque jour.

    Dé-sen-com-brer! Mon maître mot! J'ai toujours détesté les espaces encombrés. Que ce soit en terme d'objets ou même de couleur. Depuis sept ans, j'ai vendu, donné, jeté. Je me suis débarrassée de tout le superflu, de tout ce dont je ne me servais plus. Je n'ai gardé que l'essentiel. Mon appartement est petit et quel bonheur que d'y habiter. La déco se résume à trois couleurs : blanc/beige/gris. Le luxe étant quelques touches de rouge de-ci de-là. Mon jardinet se résume à un mandarinier en pot (beige), une agapanthe (rose), un laurier (rose), un kalanchoé (blanc) et du buis. Une petite table et deux chaises pour profiter du soleil et des petits déjeuners au doux son des oiseaux pour profiter de cette luminosité si spéciale ici.

    Mon dressing est réduit au minimum aussi. Quelques tenues d'hiver. Quelques tenues d'été. Deux paires de chaussures pour l'hiver. Idem pour l'été. Une paire de basket pour le sport. Et voilà!

    Dernier allègement en date : les achats alimentaires en vrac. Seul achat : les bocaux. Plus de cartons à jeter, d'emballages à déchiffrer à l'achat. C'est moins cher. C'est esthétique et c'est bon. 

    Au niveau professionnel, j'allège aussi. Pas forcément par choix. Ma salle de classe ne fait que 20 m2. Donc, je m'adapte. J'ai récupéré un vieux meuble à jeter pour constituer ma petite bibliothèque. Les élèves ne viennent pas avec leur trousse. Ils ont une barquette avec tout ce dont ils ont besoin. Je fais le minimum de photocopies et privilégie les diaporamas que je diffuse sur un mur 2 mètres sur 2. Les élèves adorent!

    Mes vacances aussi sont minimalistes. L'échange de maison est une formule que j'apprécie toujours autant. Pourquoi aller à l'hôtel lorsque vous pouvez bénéficier du même confort que chez vous et gratuitement?

    Je n'achète plus de livres. J'emprunte à la bibliothèque. J'adore ce moment où j'ai ce choix quasi-infini mais aussi lorsque je ramène le livre et que je m'allège de cet objet. Hop!

    En fait, "l'art de l'essentiel" est un art de vivre qui concerne tous les aspects de notre vie. 

    Alors, oui au recyclage, au désencombrement, aux achats réfléchis, au dépouillement, à l'alimentation équilibrée, au dressing réduit, mais qu'en est-il de nos relations? Peut-on être minimalistes dans notre rapport aux autres? Et qu'en est-il de nos relations personnelles?

    Si être minimaliste, c'est simplifier sa vie, je dirais que c'est possible (au conditionnel et avec d'infinies précautions) en me gardant bien de toute certitude,  si ce n'est la conviction et la volonté de vivre en harmonie, soi envers soi, soi avec les autres.

    Car nous avons toujours le choix. 

    De dire oui, en harmonie.

    De dire non, en harmonie.

    Et parce que cette fin d'article est bien sérieuse, un moment de ma série culte (la salle de bain de la 1ère scène est un exemple de minimalisme selon moi. Ha ha! Et l'idée d'une brosse à dent pour deux... électrique cela va de soi... est excellente... à moins que ce ne soit le visage de Mr Big, tout fier de sa trouvaille).

    Ces deux-là sont.... uniques!

     

     

     

     

     


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  • Quel beau soleil aujourd'hui! Une luminosité extraordinaire, un petit air frisquet mais la tentation était trop forte. La date tant espérée, c'était aujourd'hui : autorisée à reprendre le sport, je n'hésite pas une seconde. Direction : la Prom'.

    Il faut au moins... ça pour trouver le rythme.

    Et l'énergie de ce paysage pour la motivation!

    Tout est jaune, jaune, jaune...

    Ma chère Prom'! Si belle. Baie des anges, harmonieuse, offrant une vue no limit de la Méditerranée, et des bleus contrastés qui partent du rivage pour vous entraîner jusqu'aux rivages de la Corse.

    Spectacle amusant de sportifs frimeurs cherchant à être vus (pompes exécutées à un bras, à l'envers, appuyés nonchalamment sur le rebord du trottoir), de touristes traînant d'un coeur léger leur valise , fraîchement débarqués de l'avion et ne rechignant pas à marcher depuis 3 ou 4 km rien que pour "la" voir, cette Prom'. Spectacle touchant de parents, rollers au pieds, poussant une poussette avec le petit dernier riant aux éclats. Spectacle traditionnel d'amoureux, marchant doigts enlacés, d'un pas lent et nonchalant, portés par le moment présent et le paysage à couper le souffle. Spectacle étonnant de moines tibétains traversant le quai des Etats-Unis ou celui d'un tournage de film avec une Michèle Laroque s'engouffrant dans une loge improvisée pour se repoudrer le nez.  Spectacle émouvant de ce sans-abri ayant élu domicile sur un banc de Rauba Capeu, entouré de monticules de livres et plongé dans une lecture assidue, ayant construit une bulle éphémère autour de sa personne.

    Mais aujourd'hui, c'est différent. C'est caaaalme! Point de circulation sur ma gauche. D'habitude, la Prom', c'est comme une autoroute : deux fois trois voies, avec des feux qui rythment la circulation des bus, voitures, motos... C'est bruyant, animé. Tout le contraire d'aujourd'hui.

    Deux motards de police arrivent à vive allure et bloquent au niveau de Gambetta. C'est à ce moment que quelques dizaines de "gilets jaunes" apparaissent et commencent à remonter la prom'. Une dizaine seulement. Je me dis qu'ils sont bien courageux et bien peu! Et je continue ma marche rapide au son de ...

    Je m'arrête au niveau de la plage Beau Rivage. 

    Une jeune japonaise vêtue de blanc se fait photographier par des professionnels. Elle sourit sur son vélo bleu. 

    Et hop! Après une pause sur une des rares chaises bleues disponibles, retour vers Carras.

    Après avoir dépassé le Negresco, photographié sous toutes les coutures par les touristes émus (ah ah), je ralentis le pas car la scène m'interpelle.

    Un homme âgé, très âgé, casquette écossaise sur la tête, écharpe marron autour du cou, figé, observe ce groupe de personnes, ces "gilets jaunes" comme il a du entendre parler à la télé... Ils ne sont pas nombreux. Et cela est déroutant. Le trottoir le long de la plage est bondé! Des centaines de personnes, flânant et profitant de ce magnifique début d'après-midi automnal. Et "eux", à quelques mètres. Décidés, engagés, unis, et convaincus. Et si peu!

    Je trouve qu'il faut avoir du courage pour ainsi faire valoir ses convictions et son mécontentement. Et il se passe quelque chose, là, sous nos yeux. Cet homme âgé est figé, là, et observe tout en s'interrogeant sur quelque chose qui le dépasse et qui nous dépasse certainement tous. Une petite banderole portée par un jeune enfant, une poussette vide poussée par une jeune maman "gilet jaune" elle aussi. Ce n'est pas une manifestation. Personne ne crie. Ils sont souriants. Et plus loin, ils laisseront passer les bus de ligne. 

    Ils sont si peu. 

    Quinze personnes tout au plus pour une Prom' de 6 km de long.

    Une Prom' déserte au niveau des voies de circulation.

    Et bondée au niveau du trottoir longeant la mer.

    C'est bizarre.

    Je reste dans mon quartier pour les quelques achats que j'avais prévu de faire, notamment quelques fleurs et du terreau. 

    Le responsable de la jardinerie est tout sourire! Il m'explique que son chiffre d'affaire a explosé aujourd'hui! 

    Point de gilets jaunes à l'horizon.

    Le soleil se couche.

    Une Prom' déserte, sans voitures.

    Un grand nombre de français mécontents.

    Et un commerçant réjoui par la manne de ce jour.

    Contrastes d'une société fracturée.

     

     

     


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  • Titre non choisi au hasard et à prendre au "pied" de la lettre. Ha ha! Tout juste quatre mois après avoir glissé sous la douche et cassé deux orteils du pied droit, j'ai glissé sur l'herbe mouillée de mon jardin, et ai cassé mon P1 D2, comme l'a si techniquement écrit l'interne de garde à l'hôpital Pasteur où j'ai passé mon samedi après-midi très ensoleillé, hier.

    J'ai tenté mon regard mi-cocker-apitoyé-mi-chat-botté-Pixar-Schrek auprès du jeune médecin qui a aussitôt compris que mon job était important pour moi.

    Casse - pied

    Quel métier faites-vous madame? d'une voix très douce (il faut savoir que nous, les enseignants, on nous repère très vite et que nous avons la réputation d'être ... pénibles ; de poser d'interminables questions auprès du corps médical). Bref, je lui réponds que j'enseigne le FLE.  Yeux écarquillés du jeune interne. Explications et re-tentative de négociation (les oreilles du chat "potté s'inclinant plus vers l'arrière, pupilles plus dilatées impossible/elles sont au maximum) pour aller travailler. Verdict : une semaine d'arrêt.

    Je me retrouve seule dans ce "box" des urgences, assise sur un tabouret à roulettes. Cela fait 3 h que j'y suis. J'ai eu le temps de compter toutes les boîtes de gants latex, sans latex, avec poudre, sans poudre ; de lire toutes les inscriptions sur les rangements ; d'imaginer toutes les tailles de seringues, perfusions ; de dire bonjour à trois infirmières venues se réapprovisionner en bandes pour plâtrage ; et de faire plusieurs fois demi-tour sur moi-même histoire de m'amuser un peu.

    Un infirmier passe dans le couloir et lance un "On va plâtrer cette patiente!" en parlant de moi à un collègue.

    Euh... non ?!?!

    Mon rythme cardiaque s'accélère. Il n'était question que d'un strapping. Hein? C'est ça? Hein?

    Casse - pied

    Et les secondes s'allongent, les minutes aussi d'ailleurs. Une demi-heure à observer les boîtes de gants latex à l'endroit, à l'envers. D'ailleurs, pourquoi certaines sont à l'endroit et d'autres à l'envers. Je sens qu'il est temps pour moi de partir de ce box...

    La porte est d'ailleurs complètement ouverte, sur le jeune interne qui téléphone au médecin-chef. Et bien sûr, j'entends la conversation. "J'ai là une patiente de 52 ans (merci de ne pas prendre en compte que dans une semaine ce sera 53) qui a une fracture de la base de la phalange bla-bla-bla ; je pense à une semaine d'arrêt... ah... non? ah... 15 jours?... bien monsieur... oui... 2 semaines... oui... et une semelle spéciale... oui... très bien... au revoir monsieur".

    Négociations over!

    Je me résigne et j'enchaîne clopin-clopan la sortie avec prise de RV auprès d'un spécialiste dans 15 jours qui décidera d'une reprise... ou pas, de l'achat d'une chaussure Podalux ... qui mérite une petite explication!

    Je connaissais les pédiluves...

    Casse - pied

    J'ai un souvenir précis de Polux...

    Casse - pied

    Mais Podalux, je m'attendais à tout sauf à ...ça!

    Casse - pied

    Les mots me manquent.

    L'humour aussi.

    Résignée, j'abandonne mes jolies sandales glitter lollipop pour cet espèce de carcan  non élégant mais............................. ô mon Dieu!!!!!! ô combien confortable. Un nuage! Du coton! Le paradis de l'orteil fracturé! Mon visage se détend et je souris béatement à la vendeuse qui me répond "ça fait du bien, hein!".

    Le retour à la maison se fera rapidement afin que personne ne me voit avec d'un côté une Podalux et de l'autre une Lollipop (le comble du paradoxe vous en conviendrez) avec une jupe Zara (ce qui frise l'hérésie)!

    Je convaincs le fiston de s'arrêter cinq minutes faire le plein de pelotes de laine, histoire d'être à fond dans la mémérisation et la procrastination forcée.

    Et hop! A la maison!

    Canapé.

    Pour les deux semaines à venir.

    Podalux au pied, ma démarche ressemble étrangement à celle de Geoffroy de Peyrac, l'amoureux d'Angélique (mais oui! le film le plus kitch des années 60).

    Pour la démarche de Geoffroy, ne regarder que les 20 premières secondes de la vidéo ci-dessous (en essayant de ne pas éclater de rire)

     

    Si vous avez bien observé le regard apeuré d'Angélique, vous comprendrez que je respecterai à la lettre la prescription du jeune interne de l'hôpital et que je garderai ma démarche et ma maaaaagnifique semelle Podalux at home!

    C'est casse-pied, mais c'est ainsi.

    Ce sera l'occasion de peaufiner mes prép'

    Mouah ah ah... Les instit's au repos, c'est quelque chose !!!!

    Casse - pied


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  • Je sors de chez mon médecin. Rassurée. Après 16h de vertiges non-stop où mon appartement ressemblait plus à la cabine d'un avion en simulation d'apesanteur qu'à l'intérieur cosy du T2 que j'ai eu beaucoup de plaisir à décorer. Même les yeux fermés, ça tanguait. Et je n'étais pas sur le Corsica Ferry reliant Nice à Bastia! Il s'agit vraisemblablement d'une crise de vertiges paroxystiques bénins.

    Mais mon RV avait une autre raison...

    L'été est l'époque de l'année où les profs (au choix) :

    - se reposent (on nous le reproche assez! "bande de fainéants")

    - se relaxent (c'est le même concept que "se reposent", mais sur une plus longue période)

    - préparent leur cours pour l'année scolaire à venir (s'ils retrouvent leur cartable/sac/sacoche/ordi dans le fond du placard, posé là le dernier jour d'école, même pas vidé du dernier crayon taillé ni des mots adorables de vos chers élèves, décorés de multiples coeurs, qui, il faut bien l'avouer, ont contribué à l'humidification un peu exacerbée de vos cils)

    -voyagent (et donc, paient le prix fort car ne voyageant QUE lors des vacances scolaires)

    - profitent de moments en famille (ladite famille étant le plus souvent mise à mal par manque de disponibilité le reste de l'année)

    - vont à la plage (activité consistant à y aller le plut TÔT possible afin de n'entendre QUE le son des vagues et pas les cris du centre aéré voisin)

    - font un check-up santé (sans aucune médecine du travail pour notre profession, il est important de se charger de cela nous-même, en bons petits soldats que nous sommes)

    Le check-up santé! Parlons-en! C'est la raison pour laquelle je me retrouvais, là, devant mon médecin.

    20 ans : tout au plus les dents de sagesse à extraire.

    30 ans : est-ce que tout va bien pour programmer la venue de bébé?

    40 ans : ophtalmo?

    50 :ophtalmo/gynéco/Mammo/Coloscopie/dentiste (et j'en passe...)

    Chacun ayant des variables du style "jamais malade" à "terrain fragile", je ferais partie plutôt du deuxième groupe. 

    Le cardiologue m'avait prévenu : "Vous, dès 50 ans, il faudra vous surveiller comme l'huile sur le feu!". A l'époque, je me remettais de mon dernier accouchement en savourant un délicieux petit Gervais à l'abricot, délice ô combien succulent, autorisé après trois mois d'un diabète gestationnel qui avait été particulièrement difficile. Il pouvait toujours parler, cet oiseau de mauvais augure! 50 ans! C'était si loin...

    Bon. 

    Comment dire.

    Au moment où j'écris cet article, j'ai... dépassé le cap.

    Et l'on me surveille comme l'huile sur le machin. 

    Et hop! 4 tubes pour vérifier le sucre, le HDL, le LDL et autres nomenclatures bizarroïdes qui font que l'on va analyser ce qui se passe dans mon corps lorsque je mange une salade verte ou du houmous. Ce qui, vous vous en doutez, n'aura pas les mêmes conséquences.

    Les années ont passé. Les chiffres ont évolué. Et pas dans le bon sens. Au début, l'on se voile la face. Bah... Ce n'est pas ce petit carré de chocolat qui va prêter à conséquence. Ni ce petit sauté de courgettes et aubergines à l'huile d'olive. La cuisine méditerranéenne étant l'une des plus saines et goûteuses au monde.

    Oui, mais voilà. La sentence est tombée il y a plus de 8 mois maintenant. Trop de cholestérol et un taux de sucre qui monte, qui monte, chaque année. Et de nouvelles règles à adopter dans la cuisine : plus d'huile, de beurre, de fromage, de chocolat. Désormais, les papillotes seront mes alliées, et le cuit-vapeur mon unique interlocuteur. Exit le bon camembert, la ratatouille parfumée aux herbes de Provence, les pommes de terre sautées à l'ail et au persil. L'ail et le persil seront dorénavant déposés sur des pommes de terre ..... vapeur. Rien qu'à entendre le mot..... (vapeur)....je ressentais alors une sensation de .... vide. 

    Cinq mois ont passé. J'ai suivi le régime à la lettre, perdu 10 kilos, changé drastiquement mes habitudes alimentaires, retrouvé le vrai goût des aliments, peu à peu zappé des rayons entiers de supermarchés, renoncé à la viande rouge et la plupart des viandes, découvert la saveur de laits autres que le lait de vache, et.... je me suis régalée!

    Re-bilan et re-RV chez mon médecin. Elle me félicite et est très surprise de ces chiffres qui ont radicalement baissé! Et.. m'autorise quelques écarts... seulement le dimanche. 

    Le printemps est là. Les terrasses de restaurants bien accueillantes. Les glaciers offrent des saveurs bien alléchantes. Et la pression se fait plus forte. Et pas seulement des restaurateurs. Quelques commentaires se font entendre "Oh là là ! C'est trop dur!" "Tu pourrais manger ceci" " Tu pourrais manger cela" "Tu vas finir par être carencée" "C'est n'importe quoi ce régime!"

    Alors, les petits écarts arrivent et me voilà à cuisiner à nouveau avec délectation à l'huile d'olive et à tester les savoureuses glaces de mon glacier préféré à Nice. 

    Le verdict est sans appel. 

    Aujourd'hui, dans ce cabinet médical étouffant annonçant une canicule certaine.

    Les chiffres sont là.

    Et ce ne sont pas que des chiffres!. Oh non.

    Ils ne sont pas à prendre à la légère. 

    Parce que c'est de la santé dont il s'agit, et que lorsque l'on est en bonne santé, l'on peut :

    - se relaxer (en sirotant une citronnade maison avec de la Stevia)

    - prendre des bains de mer (dans un maillot de bain 36 et non plus 40)

    - profiter de sa famille le plus longtemps possible.

    Les chiffres sur mon bilan sanguin ne sont pas QUE des chiffres. Ils dictent dorénavant mon quotidien et les trois moments de la journée où je dois m'alimenter. Pas sur une semaine, ni sur un mois, ni sur une année. Si je veux être en bonne santé, c'est pour tout le temps.

    Oups! Vu comme ça, écrit là, en gras ET souligné, ça paraît dur.

    Et ça l'est. Pas toujours. 

    Mais bon, pas le choix, hein...

    Et puis, pour conclure, je dirais que lors des repas de famille, quelle importance cela fait si je mange une pomme de terre vapeur persillée alors que le reste des convives se délecte de frites ?

    Ce qui est important, ce n'est pas ce que l'on mange, mais ce que l'on partage.

     

     

     


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