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Punaise!

Punaise!

Tout avait si bien commencé. Un soudain besoin de rangement. L'idée qu'il fallait bien y aller. Trier et ranger les derniers cartons du déménagement. Nuages au dehors. Les vacances se terminent. Je descends donc... à la cave, 2ème sous-sol. Je trie, je jette, je conserve, je range. Durant quatre heures. 

Puis, étant un rien... perfectionniste, je décide de peaufiner cette idée de netteté en balayant le sol de mon garage au 1er sous-sol. Je me trouve alors dans un nuage de poussière et c'est à cet instant précis que je me dis que je suis en train de prendre un risque pour ma santé. Idée bien vite "balayée" par l'envie de n'avoir dans mon garage QUE ma voiture et rien d'autre. Faire place nette. 

Je fais donc au cours de cette matinée plusieurs aller-retours entre mes deux sous-sols et mon appartement.

Très contente du résultat, je m'empresse d'aller à Emaüs donner le mobilier de jardin non utilisé, que je démonte méthodiquement afin qu'il rentre dans ma toute petite voiture.

L'histoire aurait pu s'arrêter là.

Mais, vous en conviendrez, c'est assez monotone.

Allez, un peu de rythme et de "piquant" pour épicer tout ceci.

Deux jours après cette frénésie de rangement, me voici devant mon ordinateur, petite bougie allumée, le chat sur mes genoux, l'odeur de la soupe parfumant cette douce soirée dominicale.

C'est alors que je ressens une petite piqûre sur le bas du dos. Réflexe : je me gratte. Mais les piqûres se succèdent à une allure soutenue. En quelques minutes, me voici couverte de boutons et plaques-type-urticaire sur tout le dos et le ventre.  Nuit compliquée. Je vais tout de même au travail. Je jonglerai entre gratouilles, écriture au tableau et gesticulations dont seuls les profs de FLE sont capables pour mimer tel verbe ou telle situation. C'est pratique car vous y glissez une petite gratouille dans le dos. Ni vu ni connu.

Le soir, consultation chez ma généraliste qui confirme les piqûres. Mais pour l'origine : mystère et boule de gomme! Je repars avec une ordonnance : un anti - histaminique, un savon désinfectant et une crème apaisante. 

Apaisante.

Comment dire...

Nuit difficile. Le savon me brûle. La crème n'apaise pas.

Le lendemain, visite aux urgences pendant la pause méridienne. Le médecin, blasé, lance un diagnostic sans appel : punaises de lit ou de plancher. "Achetez du Baygon, vaporisez TOUT au Baygon. Et vous verrez bien. A mon avis, je vous reverrai dans un mois, chère madame, et vous aurez autant sinon plus de boutons qu'aujourd'hui. Seuls des professionnels viendront à bout de cette cochonnerie".

2ème ordonnance : cortisone en comprimés. Moral à zéro.

Il pleut des trombes d'eau. Je ne sais pas comment regagner mon école, n'ayant jamais pris le bus jusqu'à cet hôpital depuis mon installation à Nice. Je trouve quelques âmes charitables pour m'indiquer la ligne à prendre. Mais ne sachant pas où m'arrêter, je tente un arrêt d'après mon sens de l'orientation très approximatif à cette heure où mon estomac commence à crier famine.  Je mettrai 30 minutes à trouver enfin l'avenue Jean Médecin qui est proche de l'école. Je prends mon groupe de l'après-midi sans avoir mangé, en me grattant de plus belle.

Lendemain...

La cortisone, c'est merveilleux! 

Une pêche d'enfer, plus de boutons, plus de gratouille.

Je fais confiance au médecin et entreprends la lutte pour éradiquer les soi-disant bedbugs. Je n'en vois aucun. Aucune trace de leurs déjections. 

Samedi matin. J'installe un des deux fumigènes sur la table basse du salon. Celui de la chambre était déjà en train de fonctionner. Je me place bien au - dessus, pensant que le jet allait partir latéralement. Que nenni. Pschitt!!!!! En plein dans l'oeil. Les deux aérosols en train de diffuser un produit qu'il ne faut pas inhaler, je me précipite vers la cuisine pour rincer mon oeil avec l'urgence de quitter l'appart' au plus vite. 

Quelques minutes plus tard, je me console en marchant sur la Prom' sous un soleil radieux. 

L'après-midi, ce sera une lutte sans merci contre un ennemi invisible, non identifié. Nettoyeur vapeur, aspirateur, spray et on recommence sur le matelas, les coussins, les traversins, les oreillers, les plinthes, les encadrements de porte, les fenêtres, le parquet. Lessives. Repassage. 

Epuisement.

Le lendemain, 4 nouveaux boutons.

Puis 3.

Puis 2.

1.

Nous retraitons l'appartement de fond en comble.

Je passe tout un après-midi à la laverie pour ma couette qui est lavée à 90 degrés (un conseil, ne le faites pas... Depuis, elle n'a plus son aspect douillet). 

Une semaine s'écoule. 

A l'école, ça n'est pas la joie car une épidémie de gale commence à inquiéter pas mal de monde.

Les poux s'invitent à la fête, ainsi que la teigne et la gastro.

Je me dis que je fais un métier meeeeeeeeeeeeeerveilleux!!!

C'est alors que je décide de remettre les rideaux aux fenêtres, agrémentés de jolis rubans.

Ma nouvelle housse de couette Zara au liseré gris et doré est en parfaite harmonie de couleurs avec mon parquet gris clair.

Un dernier grand ménage et je profite de mon petit appartement que j'adore! Tout est parfaitement rangé. ça sent le propre, le frais. Tout ceci n'était donc pas si terrible.

L'histoire aurait pu s'arrêter là.

C'était sans compter une nouvelle éruption cutanée généralisée dimanche dernier. 17h. Un bouton, puis deux et en 24h, 83 boutons vont me faire vivre l'enfer : un prurit qui ne va pas me quitter. Visite à un médecin de garde : "Courage madame! Il est très difficile de se débarasser des bedbugs!". Et hop! Un autre anti-histaminique sur une énième ordonnance.

C'est tout de même bizarre. Les personnes qui viennent dormir chez moi ne sont pas piquées. Je suis la seule à subir l'assaut de ces bestioles.

Je décide de consulter une dermatologue. Et je tombe sur une..... perle!!!!!

Au premier coup d'oeil, le diagnostic tombe : "Ce ne sont pas des bedbugs. Vous êtes piquée, ça, c'est sûr, mais par quoi?".

Elle commence alors un interrogatoire très détaillé qui nous mènera à la conclusion suivante : j'ai ramené de la cave des petits acariens sur mes vêtements qui ont colonisé mon dressing. A chaque fois que je mets un vêtement qui porte ces bestioles, j'ai une crise.

Le traitement est le même que celui de la gale. Une lotion à appliquer en deux fois, à dix minutes d'intervalle. A l'heure où je rédige cet article, je sens le pétrole. Et interdiction de se doucher. Il faudra attendre 24h. 

Tout mon dressing est vidé. 

Ma garde-robe est dans des sacs poubelles fermés, traitée par acaricide. 

Je devrai laver TOUT mon linge.

Traiter à nouveau le matelas, le canapé, les coussins.

Oh, ça devrait aller. Avec un petit comprimé de cortisone, l'énergie devrait être au rendez-vous.

C'est pas le tour de France mais bon, ça fait tout de même trois semaines que ça dure et que je tourne en rond avec mon problème d'ennemi invisible.

J'aimerais tellement regarder cet acarien dans les yeux et lui dire ce que je pense! Punaise! Oh oui!

A propos, vous l'aurez compris : il n'y a JAMAIS eu de punaise dans l'histoire. 

Abracadabrante, vous en conviendrez :

trois protocoles d'éradication de punaises de lit qui n'ont jamais existé

un protocole d'éradication de punaises de plancher qui n'ont jamais existé

un traitement pour la gale, mais je n'ai pas la gale

une lotion tellement agressive qu'il est noté qu'elle peut abîmer le plastique... mais vous devez l'appliquer sur votre.. peau... deux fois en dix minutes... et la garder 24 h

arf

 

un Youki complètement déboussolé : tantôt traité contre les puces (on ne sait jamais.. le problème pourrait venir de lui), tantôt laissé dehors pour éviter de le mettre en contact avec les divers aérosols toxiques, et très très inquiet de tout ce remue-ménage.

 un léger sentiment de paranoïa qui fait que je ne tiens plus les barres du tram ou du bus à main nue (je m'arrange pour me servir de la manche de mon manteau pour ne pas être en contact direct).

un sourire aux lèvres parce qu'il faut bien en rire, de tout ça! Merci les copines!!

un énorme sentiment de gratitude pour celui qui, avec patience et lucidité, m'aide dans ces moments difficiles. 

Punaise, qu'il est long cet article.

(Si vous avez réussi à le lire sans vous gratter, félicitations!)

 

 

 

 

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