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Et si...

Et si l'on y allait, hein, "là-bas"? Juste pour voir...

Pour faire les curieux. Pour voir si ça a changé, comme certains disent. Oh! NY? C'est sale, ça pue, c'est insécure. Mais d'autres de contredire et d'assurer que NY est merveilleuse encore, propre et toujours aussi époustouflante. 

Et si on n'écoutait que nous? Nos envies, notre instinct. Celui qui nous pousse depuis deux ans maintenant, l'un vers l'autre d'abord et qui nous fait cheminer ensemble pour découvrir toujours plus, toujours plus loin.

Et hop! Quelques clics et c'est décidé. NY nous voilà (enfin... il faudra attendre l'automne et la jolie ambiance Halloween pour que nous en profitions).

Et si l'on prenait le temps ? En attendant. Prendre le temps de soi, de nous. Prendre le temps de s'arrêter et de réfléchir. Pas trop. Mais quand même. Cette réflexion mâture de l'âge qui avance et qui rend toute chose insignifiante et précieuse à la fois. Cette réflexion sur ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Prendre le temps de trouver des formes aux nuages, allongés sur le sable, et se laisser bercer par le clapotis léger des vagues légères sur le rivage à nos pieds. Prendre le temps de ne rien faire justement. Et trouver dans l'inaction la contemplation nécessaire à la réflection.

Et si on le gardait, hein, ce petit grain de fantaisie? Celui qui nous a fait dormir en forêt dans notre "van" pas-tout-à-fait-van-et-pas-instragrammable-du-tout, tout en haut d'une colline d'un petit village de Corrèze, au bord d'une rivière ou dans l'arrière pays niçois. Celui qui nous pousse à penser à un tour de France d'1 an pour débuter notre retraite à tous les deux. Celui qui nous fait attraper des fou-rires à n'en plus finir. Celui qui nous pousse dans une mer bien trop fraîche un 1er janvier ou nous amène à petit déjeuner en Italie devant un lever de soleil merveilleux.

Et si ça n'était que ça, la vie... Une succession de lâcher-prises. Voir les enfants s'éloigner. Accepter de ne pas les avoir à nos côtés. Et veiller sur eux, d'un oeil discret, en les espérant heureux. Réaliser soudain que d'un claquement de doigts, nous sommes passés de "C'est-mercredi-mais-comment-vais-je-enchainer-la-danse-le-tennis-le-théâtre-le-piano-les-devoirs" à un Facetime avec le fiston à 9000kms de distance.  Et ainsi passer du statut de maman à 200 % à celui de femme qui peut soudain penser à elle (mais qu'est-ce que c'est déconcertant cette affaire-là!!). Cela explique le... petit grain de fantaisie (pour ne pas dire "petit grain de folie"). Ah Ah.

Et si ça n'était pas que "ça", la vie... Le travail ! Et cette échéance qui arrive à grand pas et qui est maladroitement nommée "retraite". Dans retraite, il y a "retrait". Se retirer. Etre à part. Ne plus faire partie de... Personnellement, c'est une décision très difficile à prendre. Certains diront que c'est indécent parce qu'attendant avec impatience cette étape de leur vie. Pour ma part, je n'ai jamais considéré ma tâche d'enseignante comme un travail assimilé à une corvée. Je l'ai toujours réalisée avec plaisir, conviction. Conviction d'être utile, plaisir à innover constamment et à m'adapter aux publics divers et aux situations particulières. Bref, je pense avoir été une enseignante épanouie. Ce qui n'est pas incompatible avec le fait d'envisager d'être une retraitée épanouie. ;-)

Si seulement nous avions le choix du moment de notre départ à la retraite. Parce que les contraintes liées aux métiers ne sont pas les mêmes. Parce que l'usure du corps ou du mental ne sont pas les mêmes. Parce que chacun a une résistance qui lui est propre. Et parce que nous sommes tout simplement différents. Il n'est pas uniquement question de notre usure au travail, mais de nos parcours de vies qui influent étroitement avec notre métier. Permettre aux gens de poursuivre s'ils le souhaitent et/ou s'ils s'en sentent le courage et l'envie, plutôt que de contraindre à un âge où l'on sait que les corps sont fatigués. Voilà qui serait humain et raisonnable. Loin de moi l'idée de refaire le débat sur la réforme des retraites, mais laisser le choix aux gens aurait été judicieux. 

Et si la prochaine année était la dernière de ma carrière? 37 ans d'enseignement. "Carrière longue" c'est comme cela que l'on qualifie une carrière linéaire, sans interruption ni embûches. Ce serait un compte à rebours à la fois fascinant et émouvant. Dernière rentrée, dernières vacances de noël,  dernier printemps à l'école, derniers élèves . Oh! là là. Les larmes me montent aux yeux. Peut-être envisagerai-je de partager cette dernière année  dans ce blog. Toujours avec humour et émotion. Peut-être...

Et si..

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