Hier, fin d'après-midi, après notre visite du National Museum of the American Indian, nous sommes passés par le quartier de Wall Street. Petite marche au début de Broadway, puis arrivés au niveau de Trinity Church (sublime contraste de couleur à la tombée du jour entre sa façade sombre et la lumière dark blue du ciel crépusculaire), make a right.
Et là, choc!
Barricades, tout un quartier en état de siège. Impossible de marcher sur le trottoir de droite. Tout le block de Wall Street (et le bâtiment est immense) est protégé par des barricades , empêchant quiconque voudrait y accéder.
Pour couronner le tout, faisant face à la statue imposante de Georges Washington, la police montée est là, impassible, faisant la joie des touristes et des fans de photos originales.

Mike Davis, historien et sociologue, dans son article de la revue "Los Angeles review of books" (merci, "Méditerranée" pour ce lien extraordinaire) écrit :
"Ecoutez attentivement ces personnes qui ont tout perdu, sauf leur dignité...Et j'adore ces gamins qui sont prêts à braver cet hiver qui arrive dans les rues glacées, tout comme leurs frère et soeurs sans abris...Le génie de Occupy Wall Street est que ce mouvement a, momentanément, ignoré les agences immobilières les plus chères au monde en faisant d'un parc privé un endroit catalyseur de manifestations."
Wall Street et sa façade, telle un spectre dans la nuit, protégée, isolée, encerclée...

Tout au bout de cette rue que les barricades ferment, et donc, très très loin du "vrai", de la réalité...
