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Barbès-Rue de la paix

 Il ne s'agit pas d'une nouvelle station de métro mais plutôt de la mise en miroir de deux lieux de Paris qui sont à l'opposé l'un de l'autre, tant par leur implantation que par leur ambiance.

Barbès-Rochechouart, 18e arrondissement, à une station de métro de la gare du Nord. Policiers avec gilets pare-balles. Traffics en tous genres.

 

Barbès-Rue de la paix

 

Rue de la paix, reliant l'Opéra Garnier à la place Vendôme, joailleries et hôtels de luxe. C'est la rue la plus chère au Monopoly, celle où lorsque vous décidez d'y implanter un hôtel, le jeu s'arrête.

Barbès-Rue de la paix

 

 Barbès, du nom d'Armand Barbès, farouche révolutionnaire, opposé à la monarchie de Juillet, maintes fois incarcéré, il finira sa vie en choisissant l'exil.

Rue de la paix, place Vendôme, lieu de construction du couvent des Capucines, puis d'inhumation de personnages illustes. A la révolution, les biens écclésiastiques sont confisqués, le couvent est détruit. Les ossements sont déplacés. Mais ceux de Madame de POmpadour sont restés là, vraisemblablement sous l'immeuble ou le trottoir du n° 3, rue de la paix.

Barbès... la foule. Constamment sollicités par les vendeurs à la sauvette : parfums, montres, tickets de je-ne-sais-trop-quoi, ceintures. Il est vrai que l'on vient le plus souvent ici pour faire de bonnes affaires. Mais pour moi, les bonnes affaires, c'est Tati. Un "monument" dans le quartier. Une institution du "bon marché". Franchement? J'adore!! Tati, c'est plusieurs magasins sur plusieurs bâtiments. On passe de l'un à l'autres par des escaliers, passerelles. Rayon maison, 1er étage, 2ème bâtiment ; rayon beauté, rez de chaussée, 1er bâtiment ; rayon vêtements, 1er, 2e étage 3ème bâtiment. Euh... ça donne le tournis. Mais j'ai décidé de les faire tous.   

Rue de la paix... la tranquillité. Pas foule! Des touristes, des curieux et puis ceux qui résident "vraiment" dans les hôtels 4 étoiles du quartier. Pour l'anecdote, il y a 5 ans, un magasin "Tati Or" s'était implanté dans cette rue. Il n'y est plus. Mon petit doigt me dit que cette enseigne...ici...  Personne ne vous importune. J'hésite même à me pencher vers les vitrines. De toute façon, les prix ne sont même pas affichés. 

Barbès... Je fouille, regarde, cherche. C'est un régal (enfin... pour celle qui aime le shopping). Sourire aux lèvres devant les leggings léopard, les talons pailletés 20 cm des escarpins rose fushia et le pyjama zébré. Intéressée par cette petite robe noire droite dentelle sans manche, très classique, qui ne coûte que ..... 15 €. J'essaie. Cabines  agréables. La dame qui gère le flux des essayages, très gentille (ça se gâtera aux caisses...)

Rue de la paix... sur notre gauche... THE boutique...

 

Barbès-Rue de la paix

Un petit coin de Big Apple dans la capitale. Ah!!! Ce bleu turquoise...Nous traversons. Puis regardons nonchalamment la vitrine. Point de parfums. Juste des bijoux. Un portier à l'entrée, en tenue. J'hésite. Nico m'encourage et après un "Allez... maman", nous entrons enfin. Moquette épaisse, musique jazzy américaine, accent américain d'une vendeuse qui nous indique le sous-sol pour les parfums. L'instant est magique. En une poignée de secondes, nous avons traversé l'Atlantique.

Barbès... Nos emplettes sont terminées. Nous voici aux caisses. La file est longue. Deux caissières fatiguées encaissent les achats. L'une d'elles voit arriver une jeune femme qui lui demande "Etes-vous ouverts mercredi?". Sans la regarder, elle répond bien fort "Mercredi, c'est 1er mai. C'était même pas la peine de demander. Pfffffffff!!!!" Nous arrivons à la caisse. Je demande à ne pas garder le cintre de la robe. A ceci, on me répond sèchement "On n'enlève pas les cintres, ici!". Puis (là, je parle très doucement ayant peur de la réponse ) je demande à ce que gel douche soit mis "à part", ayant peur qu'il c......... Je n'ai pas eu le temps de terminer ma phrase. Sans me regarder, ni me répondre, elle scotche ledit bouchon et lance un tonitruant "46 €!!!! Jej règle. Je la regarde. Lui dis "au revoir". Elle, étonnée de cet échange de regard et de l'épilogue de notre brève rencontre, me répond par un "au revoir" bref et sec. Franchement? je suis contente de me retrouver dehors.

Rue de la paix. La vendeuse, aimable, souriante, répond à toutes mes questions. Oui, il est possible de commander par téléphone. Oui, il y a une nouvelle boutique à Nice, depuis peu de temps. Oui, on trouvera longtemps encore ce parfum en vente. Elle me demande où je vis. Perpignan? Oh! comme c'est beau là-bas. Nous parlons météo, lumière, Collioure... New York, 5e avenue... Paris... bref, je ne me suis pas aperçus que j'avais déjà réglé mon achat. Je repars avec un délicieux petit sac bleu turquoise. Nous ne sommes pas pressés de regagner le rez-de-chaussée et profitons encore quelques secondes de la musique jazzy et de l'ambiance feutrée.

Barbès. Enfin dehors!! Quelques pas vers Montmartre, dans ces rues pavées où les touristes affluent. 

Rue de la paix. Déjà dehors? Quelques pas vers le boulevard Haussmann, dans ces rues encombrées où les touristes affluent.

Barbès. C'est populaire.

Rue de la paix. C'est chic.

Deux lieux. Deux ambiances. 

Si j'arrive à occulter les réponses sèches des caissières qui m'ont donné l'impression d'être une vache quémandant ma dose de fourrage, j'ai bien aimé l'ambiance shopping de Barbès. 

Rien à dire rue de la Paix. C'était par-fait! 

Cependant, je veux bien l'avouer : dans aucun de ces lieux, je ne me verrai vivre. L'un respire l'insécurité, l'autre respire le luxe à outrance.

Conclusion : je fais le choix de la demi-mesure.

Et comme disait mon très cher papa : "Dans la vie, il faut toujours raison garder".

 

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