En allant chercher Nico au collège cet après-midi, je me demandais si je pouvais compléter ma liste d'hier... Avec une liste de tout ce que je ne regretterai pas. Ainsi, je tenterai un semblant d'objectivité (quoique cela me semble impossible vu mon degré de dépendance par rapport à Big Apple
).
Je tente...
- Number one : les cafards!!!! Je suis phobique de ces bestioles. Et ici, il est rare que ce problème ne concerne pas tel immeuble ou tel appartement (mis à part les loft à 6000 $ mensuels... et encore! Faut voir). Il faut savoir qu'ici, on ne parle pas de blattes, mais de véritables bestioles dont la taille défie toute imagination, le genre d'insecte qui est haut sur ses pattes, qu'il est quasiment impossible d'écraser à cause du bruit que ça ferait. Ici, pluie = rainbug. Très joli nom pour le genre cafard-scarabée-antenne-démesurée-qui-vous-pourrit-la-vie. Les exterminateurs me font gentiment rigoler. Malette style "Men in black" avec tout un attirail et au final, l'insecte se rit de tout le dispositif mis en place. Et vas-y que je m'aplatis, que je franchis les plinthes et les dessous de portes. Bon, j'arrête! J'ai des frissons.
- Number two : les rats!!! Ils vous tiennent compagnie lorsque vous attendez le métro. Se déplaçant sur les rails momentanément déserts, ils slalomment entre les immondices et les eaux stagnantes. Certains, plus téméraires, tentent une échappée sur les quais. Et j'en ai vu qui trottaient allègrement après les tourniquets, même pas effrayés par les va-et-vient des piétons.
- Number three : les soins dentaires. Ma mésaventure de l'an dernier, au cours de laquelle une dévitalisation m'a coûté la bagatelle de 180O$, a été assez traumatisante pour moi. Le dentiste était super mignon, mais cela n'a pas adouci la facture...
Du coup, cet été, j'avais fait un check-up complet avant de revenir. Quelle tranquillité que de savoir que s'il m'arrive quoique ce soit, j'ai accès aux soins immédiatement et de surcroît ... remboursée!
- Number four : les soins médicaux. Peur de tomber malade. La visite sans assurance coûte 99$, celle avec assurance aux alentours de 150$ (rien à comprendre!). SOS médecins, ici, connaît pas. Bref, si vous êtes coincé au lit avec impossibilité de prendre le métro pour vous rendre à la consultation bon marché ci-dessus, il va vous en coûter 3 voire 4 fois plus cher. Et sans assurance, 10 jours d'hospitalisation revient 55000$. De quoi vous endetter à vie avec obligation de ne plus jamais tomber malade. Notre bonne vieille sécurité sociale m'a beaucoup manqué. D'ailleurs, lorsque j'expliquais à mes collègues que pour une consultation, on payait 23 € et qu'une grande partie était REMBOURSEE, il y a eu un moment de silence, comme si cela leur paraissait parfaitement impossible! (sur une autre planète peut-être? Non, que nenni, en France tout simplement)
- La permissivité en milieu scolaire. L'élève-roi, qui est la conséquence, soit de l'enfant -roi, soit du manque d'éducation, de limites, de structure familiale solide. Du coup, cela entraîne irrespect, agitation, violence, insultes, n'importe quoi. Cela a atteint des sommets avec mes 2nd grade. Et je ne regretterai sûrement pas les "shut up", "I will beat you up", "I will hurt you"et les "I will kick your ass!" accompagnés de chaises qui volent, de boules de papier et d'autres objets volants bien identifiés.
- Les rayons "laitages" des épiceries et supermarchés... Qui me font penser à ceux en France dans les années 70. Arômes vanille-fraise-et-tous-les-fruits-rouges-qui-existent (blueberries entre autre, que je détestais au début et que j'ai fini par manger car pas trop le choix!). A part les yaourts, et bien, il y a ... des yaourts et encore des yaourts. Yaourts à la Grecque (wow!!!) et parfois riz au lait ou crème vanille (mais on est très loin de notre Danette... z'êtes pas obligés de vous lever)
- La cannelle : omniprésente!!!!!! Dans les céréales, dans les desserts, dans les laitages (notamment dans le riz au lait). Je n'ai rien contre la cannelle, mais trop c'est trop!
- La laitue "Iceberg". Je rêve d'une "feuille de chêne" tendre, d'une laitue craquante, d'une scarole fine à souhait.
- Le manque d'argent, un budget limité à son maximum. Les fins de mois avec 99 cents en banque. L'attente du transfert du salaire entre la France et les Etats-Unis qui peut durer plus de 5 jours si le 30 du mois tombe un WE. Les loyers ridiculement élevés, qui défient l'entendement. Tout un salaire qui sert en majorité à "ça" et pas grand chose pour le reste.
La liste pourrait s'allonger.
Voilà! J'ai été objective...
L'expatriation que j'ai vécue était donc très particulière. Très difficile au niveau du budget. Et énormément d'autres aspects auxquels il a fallu s'adapter.
C'est à ce prix-là que j'ai pu vivre ... my tiny american dream.![]()