"Si Paris m'était conté" a dit Sacha Guitry... C'est Paris qui m'est donné pour quelques jours. Merveilleux Paris, à redécouvrir, sous des angles cachés, loin des sentiers battus, pour aller à la rencontre d'un passé parfois méconnu, jouxtant un présent toujours captivant.
De St André des arts à St Sulpice, deux heures d'une ballade aux airs de slalom urbain, dans les ruelles d'un Paris tantôt Moyennageux, tantôt artiste, mêlant le street art à l'ancienne demeure de D'Artagnan. Oui, oui!
Sortie du métro Odéon. Quelques secondes pour s'orienter et pour trouver la cour du commerce St André, qui en fait, est un "passage" aménagé sur les fondations de l'enceinte Philippe Auguste. Le ton est donné. Nous sommes transportés dans le temps. Rue pavées, brasseries typiques parisiennes...et la plus ancienne brasserie du tout Paris, ayant accueilli en son seing Voltaire, Franklin Jefferson, Beaumarchais, Montesquieu, Diderot, D'Alembert et bien d'autres illustres personnages.
Une autre enseigne, rien que pour le plaisir de l'appellation et de l'illustration
Brasserie où il fait bon s'asseoir pour déguster le fameux "café au lait" et les "croissants" (avec l'accent américain, c'est encore plus pittoresque... la rue est ponctuée de touristes anglophones)
Un peu plus loin, la place St André des Arts, à l'emplacement même d'une église démolie début XIXe. Petite sculpture improbable et suspendue...
Et fraicheur d'une fontaine à l'inscription un peu désuette.
Boulevard St Michel, une librairie ne propose des ouvrages dans toutes les langues. Nico craque pour "Le Japonais pour les nuls". Les ouvrages de littérature de jeunesse en anglais me rendraient vite impulsive avec ma carte bancaire. Je me ravise... Suis en vacances tout de même!
Les rues serpentent et contrastent de couleurs, de style et d'ambiances.
Tags artistiques et réverbères anciens
Cette croix est un préambule à la découverte de l'église St Germain des Prés, l'une des plus anciennes de France. A cet emplacement, une église avait été construite dès l'époque mérovingienne.
Au pied de l'église, quelques notes de piano, une entrée de métro, un soleil radieux. Ambiance parisienne inégalée.
De St Germain à St Sulpice, il n'y a que quelques pas. Mais les deux édifices sont incomparables! St Sulpice, l'une des plus vastes et les plus riches églises de Paris. Vaste, ah ça oui! Façade immense, donnant sur une place avec une fontaine magnifique.
A l'intérieur, deux bénitiers, coquillages géants offerts à François 1er par la République de Venise.
Derrière l'église, une enseigne d'un magasin religieux est tout à fait à propos, vu le contexte ;)
Les jardins du Luxembourg, très proches, proposent un havre de fraicheur. Envahi de familles avec poussettes, d'enfants avec trottinettes et de hordes de touristes qui "mitraillent" le sénat de photos. Le site est vraiment somptueux et très agréable. Dans un petit coin, une statue représentant un poète grec répétant sa pièce de théâtre avec le Panthéon derrière lui, n'a pas le même succès. Pourtant, c'est cette sculpture que je prendrai en photo.
Direction la fondation Cartier, mais ... oups... nous nous perdons en chemin. Et naviguons parmi des tags surprenants
et des façades exotiques (Centre d'archéologie)
La fondation Cartier se présente enfin. Une longue file d'attente devant. Environ 1h et demi. Il fait chaud et nous sommes coincés entre un directeur de recherche en débris spatiaux et deux touristes avec valises qui parlent chiffon et ménage (pas le top pour patienter. En fait, c'est assez exaspérant).
L'expo est... surprenante et absolument géniale! Les sculptures sont tantôt petites, tantôt immenses. Mais à chaque fois, le souci du détail nous fait nous interroger sur les techniques de l'artiste. La sculpture qui attire le plus notre attention est sans aucun doute "Couple under an umbrella". Nous avons réussi à la prendre en photo, vu du dehors.
"Placé au centre de la pièce et visible depuis le boulevard RAspail, ce couple de personnes âgées semble ouvrir l'espace d'exposition. Ron Mueck montre des figures immensément grandes qu'on imagine à la plage - ce lieu où les corps s'exposent sans dissimulation. Sortis de ce contexte, ils contrastent avec l'environnement dans lequel ils sont présentés et semblent saisis dans une scène qui relève d'un "comique incongru" pour reprendre les mots de Justin Paton. Malgré cette incongruité provoquée par le sujet et le choix de l'échelle, il y a une tendresse intense qui se dégage de cette oeuvre. Le contact des corps dévoile ici une profonde intimité sans que les expressions des visages ne laissent rien paraître."
A moins que vous ne préfériez "Still life" représentant un poulet suspendu par les pattes
(perso, pas fan... du tout!)
ou "Drift"
C'est pas mal pour une première journée...
Mes petits pieds ont doublé de volume.
Repos...