Thank God It's Friday!
Super journée. Le genre de journée qui démarre bien : pas chaud, pas froid, juste doux comme il faut. Les trains sont à l'heure, pas trop bondés, donc je suis assise la plupart du temps. Nous n'avons pas eu droit à "In the name of Lord Jesus" scandé sur 3 notes à Grand Central, c'est déjà ça d'épargné!! (lol)
Tandis que Nico faisait de son mieux pour son devoir trimestriel de mathématiques, coefficient 4, je m'en allais tout doucettement vers mon cadre habituel : le Bronx.
Ma collègue était absente aujourd'hui. Les élèves étaient répartis dans 8 classes et j'avais le choix de les y laisser ou de les prendre. J'ai fait le choix d'aller les chercher, nous avions une "writing" à finir : la réécriture de l'album "Birdie's big-girl dress" de Sujean Rim. Un adorable album que j'ai déniché à Barnes and Nobles, fabuleuse librairie sur la 5e. Les élèves ont dont réécrit l'album en parties en changeant les personnages, les lieux, les objets. Ils se sont beaucoup amusés et le résultat est bluffant. J'adoooooore! Illustration, couverture, nom de l'auteur (en l'occurence, eux!). De vrais pros. Il me tarde d'afficher leurs "booklets" sur le "bulletin board". En pareille occasion, je suis très fière d'eux, et je le leur dis.![]()
Dans la classe de 1st grade, la petite dictée, comme tous les vendredis : mots fréquents, syllabes. On s'entraine sur l'ardoise, puis on efface, et enfin on fait la dictée sur papier. Séance de langage sur le thème des prénoms et des noms de famille.
Puis, c'est le moment d'aller en 3rd grade. 20 minutes (sur 45 que compte la séance) pour les avoir rassemblés et prêts à écouter(à peu près). J'en ai profité pour leur dire que je me demandais parfois ce dont ils avaient réellement besoin, peut-être une tasse de thé, des cookies... A les regarder discuter comme si de rien n'était ; avec, juste devant eux, un professeur qui attend, inexorablement qu'ils daignent bien m'écouter. J'ai fait le choix de ne plus élever la voix. Aujourd'hui, ça a marché. Dictée également, reprenant les mots fréquents de la semaine + l'étude d'un son complexe. En voyant ce dont ils sont capables en n'étant pas attentifs, je me dis qu'ils sont vraiment très intelligents.
Dans les escaliers, je rencontre une collègue qui me demande s'il y a de la place dans la "classe de français" pour sa fille de 6 ans. Je lui explique que ça n'est pas judicieux de penser à un changement en cours d'année. De plus, la fillette quitterait un programme bilingue espagnol-anglais pour se trouver dans une classe français-anglais. Bref...
Direction, le métro, pour sortir à Bryant Park. Beaucoup de monde pour un lieu qui vaut le détour. Cet espace est vraiment particulier : l'immense bibliothèque qui tourne le dos à ce parc merveilleux, entouré de gratte-ciel... C'est l'un de mes endroits préférés. Je m'y sens bien...
Je rends les livres à la section adolescents. Et oui! Même pas honte de lire des livres de ce niveau. J'ai tellement à apprendre au niveau vocabulaire que pour le moment, cela me suffit. Et les histoires sont très bien. J'en reprends trois puis direction le bâtiment de l'autre côté de la 5e avenue, section adulte............en Français. Cinq rayonnages qui sont un délice pour moi. Mon choix se porte sur "Cafés de la mémoire" de Chantal Thomas ; "Chagrin d'école" de Daniel Pennac et "Ma vie avec Mozart" d'Eric-Emmanuel Schmitt (que j'ai fini dans le métro en rentrant ce soir
Nico a adoré!!).
Fouille complète des sacs à l'entrée et à la sortie des bibliothèques. J'en ai l'habitude maintenant.
Nico va bientôt sortir. Je prends la 42e. Un groupe d'une cinquantaine de jeunes touristes m'entoure. Ils sont tous très excités par la vue du Krysler Building. Magnifique avec ce beau ciel bleu. Je marche tout près des vitrines. Vue sur des pizzas prêtes à vendre : saucisses, fromage, légumes. Appétissant! Pères Noël, déco scintillantes. Clochettes des bénévoles de l'armée du salut. Taxis rapides. Il me tarde de lire mes livres.
J'arrive à LK. Havre de paix dans le hall. Je me plonge dans "Ma vie avec Mozart"...
30 pages plus tard, Nico sort enfin.Pour goûter, nous nous offrons une part de pizza à "99cents pizzas". Assez cliché je l'accorde, la pizza vite avalée dans la rue, mais délicieuse pour de la junk food ![]()
Direction The Museum of Photographie sur la 6e, l'avenue des Amériques. Le vendredi soir, c'est donation. 1$ pour des expos ...géniales.Notamment, celle sur "Remember 9/11". Des photos noir et blanc, jamais vues pour nous.
Dans une salle à part, 5 télés qui diffusent des vidéos prises par une habitante dont le studio surplombait Ground Zero. Lorsqu'elle a été autorisée à rentrer chez elle quelques semaines après l'effondrement des tours, elle a filmé de longues heures le déblaiement, les fouilles, et parfois l'innommable. Buldozers, chiens et même tamis pour tenter de trouver le moindre reste humain. Images dures de signification, mais toujours très pudiques et respectueuses. Dans une autre salle, des photos en couleur, dont le bénéfice de la vente a été reversé aux orphelins du 9/11 : je retiendrai cette photo de cet ouvrier afro-américain, visage grave, portant un casque aux couleurs du drapeau américain dont dépassent des nattes.
L'expo du photographe Harpers Bazzar était géniale! Je retiendrais la photo en noir et blanc de Kate Winslett, en équilibre sur un échafaudage, un pied dans le vide avec pour toile de fond le Kryler Building (comme ça, on reste dans le même quartier...)
Sortis du musée, les gratte-ciel étincellent dans la nuit. Le métro le plus proche est à Times Square. Et là, on oublie qu'il fait nuit tant les panneaux publicitaires géants illuminent le site. Au loin, un M and M's vert gigantesque nous fait un clin d'oeil. Légèreté, insouciance contrastent avec les images que nous venons de voir.
Le métro est bruyant ce vendredi soir. Je fais remarquer à Nico que pendant la semaine, personne ne parle dans les wagons. Ambiance super silencieuse lorsque les gens partent ou reviennent du travail. Mais là c'est vendredi et l'ambiance est totalement différente : les gens sortent, vont au restau, à des concerts, des spectacles. ça fourmille, ça parle, ça rit... la vie quoi!
Ce paragraphe d'Eric Emmanuel Schmidt est tout à fait approprié :
" Y a t-il plus beau fondement à l'optimisme? Dans certains milieux, on va jusqu'à décerner une prime d'intelligence au nihiliste, à celui qui crache sur l'existence, au clown sinistre qui expire -bof- d'une manière profonde, au boudeur qui radote -de toute façon, ça va mal et ça finira mal-. On néglige que l'optimiste et le pessimiste partent d'un constat identique : la douleur, le mal, la précarité de notre vigueur, la brièveté de nos jours. ... L'optimiste, par un coup de reins énergique, tente d'émerger, cherchant le chemin du salut. Revenir à la surface, ce n'est pas se révéler -superficiel-, mais remonter de profondeurs sombres pour se maintenir, sous le soleil de midi, d'une façon qui permet de respirer".
Même si New York demande énormément d'énergie, elle en donne encore plus. Et c'est ça qui est génial ici!![]()
