J'ai fait sa connaissance il y a à peu près huit ans. D'abord très discrète, elle a peu à peu pris une place de plus en plus importante dans ma vie et mon quotidien. Je ne connaissais rien d'elle et c'est progressivement que nous avons appris à nous connaître et à nous apprivoiser. Apprivoiser... c'est beaucoup dire. Et même le mot "amie" est quelque peu exagéré tant elle est sans gêne et s'impose à moi sans crier gare. Pas invitée du tout, elle arrive sans prévenir. A des moments où j'ai besoin de toute mon énergie et de ma concentration, hop! La voilà qui pointe le bout de son nez et m'impose de rester dans mon salon, alors que je ne demande qu'à m'activer ailleurs. Et même lorsque je dors, elle se permet de me réveiller.
Son nom?
Je peux bien l'écrire.
Je suis même à peu près sûre qu'elle est l'amie de beaucoup d'entre nous.
Mademoiselle migraine.
Vous connaissez?
Non pas la petite céphalée de rien du tout, le mal de tête anodin qui passe après une petite sieste.
Nooooooooon!!
La première fois que j'ai fait la connaissance de mademoiselle migraine, je n'ai rien vu du côté gauche pendant au moins trente minutes. Et à la place de mon champ de vision, c'était tel un kaléidoscope très très très brillant. J'avais beau tourner la tête à droite, à gauche, les flash lumineux étaient tout de même là, devant moi tel un filtre qui m'empêchaient de voir devant moi.
En bonne hypocondriaque qui se respecte, j'ai pensé au pire : j'allais devenir aveugle!
Deuxième crise à l'école! Je ne voyais plus ce que mes élèves avaient écrit sur les cahiers. RV pris auprès de l'ophtalmologue.
Verdict rapide : migraines ophtalmiques!
Ah!!!!!!!!!!!!!!! C'est donc le nom savant de mademoiselle.
Tout de suite moins joli, le titre, hein?
Et l'ophtalmo de m'expliquer que dès que les lumières sont là, à vous embêter, la migraine est là aussi. Il suffit d'attendre quelques minutes et hop! la douleur enfle, jusqu'à parfois, vous empêcher de faire quoique ce soit.
Quelques années plus tard, ce ne sont pas les troubles ophtalmiques qui ont précédé la crise de migraine, mais des "auras". Oui, je sais... Certains diront "vaut mieux un tien que deux tu l'auras" (bon, comme ça, c'est fait...). Les "auras" sont une étrange sensation que l'on a, d'être là, tout en n'étant pas là. L'étrange sensation que toute la scène qui se déroule devant vos yeux vous est totalement étrangère, et que vous n'y pouvez rien. Cela se termine généralement par des fourmillements dans tout le corps. Et puis hop! La douleur qui apparaît.
Les toutes premières fois que j'ai ressenti ça, je n'en ai parlé à personne. Après avoir eu peur de perdre la vue, là, je me suis dit, c'est clair, je devenais folle-dingue. Mais non... énième visite chez le docteur. Les migraines peuvent être précédées de troubles divers. Ce qui n'est pas pour me rassurer. Choisir entre une sensation de lévitation et un kaléidoscope, je préfère attendre que ma vision boule-à-facette-type-boum-des-années-80 redevienne normale.
Mais bon... pas le choix.
Si ce n'est de subir.
Cette semaine, 3 crises à mon actif.
Après avoir travaillé dur.
Après une super journée à Barcelone (détente maximum... donc, c'est pas le stress qui était en cause... tout au plus quelques gorgées de Saké au restaurant japonais de midi).
La demoiselle migraine a surgi de je ne sais où, n'importe quand.
Le traitement mis à ma disposition est un spray nasal que j'ai toujours avec moi. Et une fois 2 pschittt dans les narines, j'en ai pour au moins 2 h à m'en remettre...
La vie d'une migraineuse? Pas marrant du tout.
C'est peut-être pour ces raisons que lorsque je n'ai pas de crise, j'en fais au maximum et je veux en profiter...
Histoire de ne pas trop "me prendre la tête" avec des choses qui n'en valent pas la peine.
J'écris cet article. Aucune douleur ... Après plusieurs pschitt de Diergospray, un Doliprane 1000 et un Ibuprofène 400.
Il paraît qu'il ne faut pas manger de chocolat quand on est migraineux.
Ce soir, je me suis jetée sur 2 tartines de Nutella.
Fallait bien ça pour me consoler des misères de mon "amie" qui n'en est pas une...
Je dédie cet article à tous les malades chroniques qui refusent de céder à l'envahissement de leur maladie sur leur quotidien.