Pour cela, il me faudra attendre quelques années... (sachant d'avance que j'aurai deux gambettes partant de ma tête, trois poils sur le caillou et des mains à dix doigts, ce qui constituera une mamie-têtard tout à fait appréciable!)... et bien sûr, je m'extasierai avec un sourire béat en promettant d'encadrer ledit dessin, et c'est ce que je ferai.
Bref.
Le message est suffisamment clair : JE SUIS MAMIE!!!
Annonce faite pour la Noël 2014, quelques minutes après avoir confirmation que le futur papi souhaitait prendre l'air et courir d'autres jupons, et donc, que les joies d'être grand-parent, j'allai les vivre seule. Air du temps, les mamies divorcent et vivent en solo. Dix mois après, tout va bien, la tête remplie de nouveaux projets à venir.
Petit tsunami tout de même!
Cela vous change l'ordre de la famille. Vous gagnez (ou perdez) un rang. Allez hop, vous voici en haut de la pyramide, à regarder tout ce petit monde se marier, s'installer, et faire des bambini (ah oui! il faut que je me mette à l'italien... ma petite belle-fille est italienne et la prochaine fois que je serai mamie, je devrai comprendre cette langue sur le bout des doigts... petit pari lancé à moi-même ;-)
Donc, voilà, le cadre est posé : bébé, mariages et très vite, envol du dernier oisillon (qui a tout de même bientôt 17 ans) pour voguer vers des projets studieux, internationaux et passionnants.
Inévitable tourbillons de la vie, immuabilité des cycles, éternels recommencements, débuts et fins, renoncements et projets, ce qui fait que la vie est passionnante et souvent à réinventer.
Ceux qui pensent que les enfants sont à eux se trompent complètement. Je l'ai toujours su. De même que j'ai été très tôt prête à être maman (ce qui, du coup, fait de moi une jeune mamie!). Un enfant s'appartient, est un être en devenir, mais sûrement pas pour se caler aux desiderata de ses parents. Etre parent, c'est accompagner son enfant à être lui-même et respecter ses choix. A le laisser partir, vivre ses projets, et se réjouir de ce qu'il a réussi ou entrepris.
Etre mamie, c'est l'aboutissement de cela. C'est voir son enfant réussir ce nouveau projet de vie. Croire et se mobiliser pour que ce petit être, nouveau membre de la famille, s'inscrivant dans deux lignées différentes, s'épanouisse, s'éveille et devienne "lui".
Etre mamie, c'est voir dans le regard de son petit-fils, le regard de sa maman lorsqu'elle était bébé. C'est voir le regard de son petit-fils à sa maman, confiant, reconnaissant, aimant et exclusif. Ces regards-là, c'est unique.
Etre mamie, c'est retrouver les gestes. Prendre le bébé dans ses bras, sentir sa chaleur, sa fragilité. C'est écouter tous les petits bruits : les "arrheu", les "aggrheux", les "gaaa", les bruits de bulles (oui, c'est incroyable ce qu'un BB peut faire de bulles avec sa bouche, et... sans savon... juste avec un reliquat de lait!), les ronflements de nez, et même parfois, il réussit à faire tout ça à la suite, c'est une symphonie!!
Etre mamie, c'est rembobiner le temps et redécouvrir ces petites joies qui font que le temps s'écoule soudain plus lentement. C'est remercier la providence (en l'occurrence les parents) pour ce joli cadeau. C'est se réjouir de tous ces moments à venir qui seront autant de joies, d'éclats de rire, de découvertes et de jolis moments de vie.
C'est se dire surtout qu'il faut savoir réinventer les bonheurs et laisser derrière soi ceux qui n'en font pas partie, sans aucun regret et savourer chaque instant qui nous est donné, avec délectation et pleine conscience.
Enfin, être mamie, c'est savoir être dispo mais ne pas s'oublier soi, c'est se rendre utile tout en ne se substituant pas, c'est donner des conseils discrets, c'est ne pas envahir ni se laisser envahir. Bref, c'est un savant dosage pour que chacun se sente investi de son propre rôle.
La société a changé. Les regards également. Les attitudes sûrement.
Mais le lien demeure. Et ça, c'est pur bonheur.