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Tout compte fait...

Tout compte fait, non... je n'irai pas à ma répétition de Gospel ce soir. Pourtant, rien qu'à l'idée de chanter deux heures à quatre voix + des solos rythmés et toniques, je m'étais réjouie toute la journée. Mais là, comment dire, la voix qui se casse, la gorge qui pique, et la fatigue bien palpable après une journée bien remplie. Tout juste assez d'énergie pour remplir les colonnes du livret numérique de compétences qui doit être fin prêt pour dans dix jours. Et puis, hop! Au lit.

Tout compte fait, non... Je n'ai pas pu profiter d'une nuit paisible et réparatrice. Réveil à minuit et des douleurs gastriques à 8 sur une échelle de 10. J'ai l'habitude de "gérer" des crises de cette nature, mais pas de cette intensité. Je passe mon temps debout, à arpenter ma chambre, le couloir, le salon, la salle à manger. J'essaie deux minutes de Temple Run sur mon i-phone. Même pas envie :(... Je consulte même les sites de surveillance d'épidémie de gastro-entérites. Une heure passe. Médicaments. Je me trouve assez ridicule à faire les quatre cents pas chez moi,comme ça, la nuit. Mon chat me regarde bizarrement et tente un miaulement interrogatif. Pauvre bête. Il n'y comprend rien. Une deuxième heure passe. Je me décide à appeler SOS médecins... Autres médicaments et je me force à rester allongée. Le médecin arrive enfin, après trois heures d'une crise +++ mais qui a fini par s'atténuer quelque peu. Le médecin me recommande de tripler les doses et d'attendre. Il me propose un arrêt maladie pour le lendemain.

Dehors, la tramontane est, elle aussi, +++. Tout compte fait, me dis-je, cette rencontre sportive sera t-elle sans doute annulée : 4 heures dehors  en décembre, avec un tel vent, n'est pas très recommandé pour des élèves aussi jeunes. 

La douleur s'atténue pour disparaître et me permettre de dormir un peu jusqu'à 6h30. Réveil. 

Tout compte fait, je n'ai plus mal. Allez, arrêt maladie ou pas, je tente d'aller au travail. 

Travail? Hum... Le mot est-il réellement approprié?

Une petite élève qui n'a pas son pique-nique, un autre dont la maman n'a pas signé l'autorisation de sortie. Une gourde percée qui se vide dans un sac à dos. Des lacets qui se dénouent sans cesse. Des nez qui coulent. L'élève que je dois "caser" dans une autre classe se met à pleurer. Quatre caisses remplies des pique-nique-cantine à répartir dans les sacs à dos. Ne pas oublier : les dossards rouges, les papiers pour accrocher sur les dossards, les épingles à nourrice, les 240 bandelettes de carton pour comptabiliser les tours, les 24 crayons pour l'atelier-santé, la trousse à pharmacie, l'appareil photo pour immortaliser l'événement.

Je rappelle que je n'ai que 3 heures de sommeil.

Le vent n'a pas faibli. Un petit 8 degré avec une telle tramontane, c'est du zéro ressenti sur les tempes et le visage. Alors, comment dire... Je n'ai pu qu'encourager et féliciter mes petits élèves qui ont vaillamment couru et tenu les 13 minutes réglementaires pour leur âge. Bon, il y a bien eu des parties du parcours qui ont été plus "marchées" que "courues" mais dans l'ensemble, ils ont été bien courageux!

Quelques jeux plus tard, un pique-nique, un "le facteur n'est pas passé", un retour à l'école, une séance de maths, une évaluation d'étude de la langue, une récréation, la copie des devoirs pour le WE et une histoire offerte intitulée "On est des champions" (cela va de soi!), me voici presque sans voix, un peu fiévreuse et complètement exténuée. 

Tout compte fait, j'aurais bien arrêté là ma journée de travail. C'était sans compter l'étude surveillée et l'atelier d'anglais que je dois animer jusqu'à 18h.  Le TBI installé deux jours auparavant va me permettre d'économiser ma voix. Vidéo de "Three Christmas trees" song. C'est fun, gai, entraînant. On apprend les paroles. Travail manuel présentant la chanson. Dring! 18h!

Tout compte fait, c'est passé vite. 

Chaque syllabe prononcée me fait prendre conscience que j'ai : une luette, un oesophage, une trachée et une gooooooooooooorge très très enflammée! Je suis pratiquement inaudible.

Rangement de la classe. Lumières éteintes. Fermeture de la porte grise dont la serrure veillie finira par ne plus fonctionner d'ici peu. Toujours ce vent. Ruelle sombre. Quelques mètres plus loin, un père vient de chercher sa fille à la garderie. Celle-là même qui était à l'atelier d'anglais. Le père lit en anglais :"There are 3 Christmas trees...". Sourires. La fillette explique que "no more", cela veut dire qu'il n'y a plus de sapins. Jolie complicité.

Je me mets à sourire...

De voir sourire ce papa et sa fille...

Et je souris aussi de cette journée difficile...

après une nuit non moins "difficile"...

Et tout compte fait...

ça n'était pas si mal!

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