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Un lien étroit

 

Un lien étroit

Extrait de la biographie de Christine Jordis, auteure.

"Christine Jordis aime les lettres, l’Angleterre et les voyages en Asie, autant d’ingrédients que le lecteur retrouve au fil de ses douze romans. Ecrivain, journaliste au Monde, membre du comité de lecture des éditions Gallimard, spécialiste des lettres anglaises, cette auteure sait nous entraîner avec le même talent dans le monde littéraire anglais et dans un Orient entre rêve et réalité. D’un même pas, son oeuvre parcourt les paysages et les livres, traverse les terres bouddhistes de Birmanie, les poèmes de Coleridge, les étendues sauvages du Yorkshire...
Née en Algérie, Christine Jordis a étudié la littérature anglaise à la Sorbonne et à Harvard. Auteur d’une thèse de doctorat sur l’humour noir anglais, elle a été nommée à son retour en France responsable des rencontres littéraires du British Council. Elle dirige actuellement le domaine anglo-saxon chez Gallimard, fait partie du jury Femina et collabore au "Monde des Livres" et à la revue " Page des libraires ".

De ses deux passions, l’Angleterre et les livres, elle connaît tout : ses romans et essais Une passion excentrique : Visites anglaises, Gens de la Tamise : Le roman anglais au XXe siècle, Le paysage et l’amour dans le roman anglais, font découvrir au lecteur les aspects multiples, changeants et éternels de l’Angleterre à travers le regard des peintres, écrivains, poètes et philosophes qui ont habité l’île.
Très attirée par l’Asie, où elle a fréquemment voyagé, elle a également publié Bali, Java, en rêvant, Promenades en terre bouddhiste de Birmanieet s’est tournée vers l’histoire de Gandhi (Gandhi, Gallimard, 2006).
Dans Un lien étroit, Catherine Jordis réfléchit sur l’absolu de l’amour et les difficultés du mariage, sur le bouleversement dans les attitudes au cours de trois générations successives. Une histoire contemporaine du couple."

Magnifique livre, donc, que celui qui s'intitule "Un lien étroit" et qui m'a accompagné cette dernière semaine. Livre juste, sensible, qui interroge et qui ne peut "parler" qu'à celui ou celle qui n'a pas de certitude ancrée et qui est prêt à se laisser porter par la réflexion et l'abandon de pas mal de stéréotypes sociaux. Ce livre m'a beaucoup plu, peut-être parce que justement, je n'ai pas de certitude ancrée et que, sans aucun doute, je reste à contre-courant de stéréotypes pour de multiples raisons.

Certains passages sont d'une infinie valeur à mes yeux...

Et notamment ce paragraphe sur l'écriture :

"L'envie d'écrire? Depuis longtemps elle me tenaillait. Les début de ma vie avec Paul l'avaient reléguée dans l'ombre, aujourd'hui, elle me revenait. Envie de donner corps, par l'écriture, à ce qu'on a en soi et qui, sinon, n'existe que sous forme de fumée, de vapeur, de reflet-et de regret. Oui, donner corps :  fixer par les mots, la sensation, la pensée, l'attention qui flotte, mettre un terme à l'errance d'un désir qui ne sait où se poser. Puis essayer, le vouloir avec passion, et puis recommencer. Et puis ne pas y parvenir. Puis continuer."

Et puis cette définition... On peut aimer ou détester. Ce que j'en pense? C'est tellement vrai que c'est dûr à l'entendre.

"L'amour se résume à ce lent processus d'absorption que l'on pare du joli mot d'union et au bout duquel l'un des deux partenaires disparaît au profit de l'autre".

Et plus généralement sur le sens de la vie. Sublime!!!

"Dans ses Cinq Méditations sur la beauté, François Cheng s'interrogeant sur le pouvoir de lal vie et de la beauté, prend l'exemple de la rose : Etre pleinement une rose, en son unicité, et nullement une autre chose, cela constitue une suffisante raison d'être.

Le pourquoi de la rose, comme de tout être vivant, est d'être pleinement une rose, et ce à quoi elle aspire, dans tout l'éclat de sa présence, est le pur espace sans limites. Pur espace de beauté, c'est vers quoi nous nous efforçons, en effet, et la pensée de la mort - celle de l'inutilité finale de nos efforts, puisque nos réalisations sont autant de victoires dérisoires et de courte durée contre l'épaisseur amnésique du temps -, cette pensée ne doit en aucun cas arrêter l'inébranlable volonté dont nous portons en nous l'inscription dès notre départ dans la vie.

C'était là une loi universelle, à laquelle on en pouvait qu'obéir, et dont rien ni personne ne  pouvait empêcher l'accomplissement une fois qu'on en avait reconnu le travail en soi. Peu importait le résultat : ce n'est pas en terme de finalité qu'on pouvait raisonner, mais de pression intérieure et , donc, de nécessité. Une nécessité qui pousse à se battre, obscurément, sans relâche, non dans le désir d'affronter l'Autre, mais par réflexe de survie, pour sauver sa peau et son âme - pour, simplement, devenir SOI."

Un lien étroit

  

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