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Au revoir, maison.

C'est exactement l'histoire du verre à moité plein ou à moitié vide.

Ma relation à ma maison a été relativement fusionnelle toutes ces années. Un attachement à des murs. Ridicule! diront certains. Evidemment qu'il ne s'agit pas uniquement des murs! La maison, c'est le foyer, c'est la famille, c'est ce que l'on construit, ce que l'on projette, du bonheur, des moments uniques, des souvenirs, l'odeur des bons petits plats, les batailles d'eau avec les enfants, des soirées extraordinaires avec les z'amis, 14 sapins de noël décorés, des anniversaires de chevaliers ou les 18 ans d'Elo, un montage de piscine, des barbecues improvisés, du lierre qui pousse, un mimosa arraché par une tempête, des pièces remplies de bébés, d'enfants puis d'ados, qui ont des projets plein la tête et qui se réalisent, et que l'on voit s'épanouir ... ailleurs.

Il a fallu des années d'un processus lent et compliqué pour que je puisse lâcher ma maison. C'est vraiment le mot : lâcher. Comme dans le lâcher-prise. Accepter de laisser partir, de ne plus y être, sans savoir ce qu'il y a après, ne plus contrôler et se laisser porter par l'inconnu, faire confiance à la nouveauté, se faire confiance à soi-même, être en accord avec ses choix. 

Tout compte-fait, lorsqu'il c'est le moment, cela est tellement facile! Une évidence. Une énergie qui vous pousse à le faire, un enclenchement des décisions, sans hésitation. Une certitude que vous êtes à un moment charnière de votre vie et qu'il faut savoir laisser partir une petite attache pour naviguer dans l'horizon du futur.

Illustration parfaite du lâcher-prise, de la distanciation nécessaire à toute chose...

 

Et oui! J'ai "regardé grimper le lierre", j'ai "subi la feinte", et je ne crois plus à "toutes ces conneries qui finissent par -pour-la-vie", moi, "petite-conne-d'autrefois".

Pour décrypter tout ceci, il m'a fallu plusieurs mois de réflexion pour me dire que j'allais mettre ma maison en vente, des semaines à peser le pour et le contre, à somatiser et à m'en rendre malade. Pour, au final,  me lancer dans l'aventure d'une demande de mutation.

Mutation obtenue! Yeah!!!!!! Quelle joie ce fut! Je me surprends à sourire lorsque je pense à ma nouvelle vie, là-bas. Quel bonheur de se projeter dans quelque chose de nouveau. 

Vendre une maison, ça n'est pas vendre une télé. Cela a pris plusieurs mois. Et autant avant d'arriver à cet instant T où il faut préparer les cartons. 38 au total. Toute une vie dans 38 cartons. 

Fous-rires avec Nico en redécouvrant ses productions d'écrit de Ce1. Emotion en regardant tous ces dessins de maternelle! Photos de famille touchantes, rigolotes, émouvantes. Objets que l'on garde on ne sait pas trop pourquoi et plusieurs trajets à la déchetterie ou à Emmaüs pour faire le vide, car passer d'un T6 à un T2, comment dire... faut faire des choix ;-)

Trois semaines à trier, jeter, stocker, ranger, emballer. Vider les meubles. Ne garder que l'essentiel, parce qu'il faut passer par la case "meublé" pendant ces derniers mois d'école. Fin juillet, départ définitif de ma région pour la nouvelle, celle qui m'attire comme un aimant, celle qui me fait sourire rien que d'y penser, celle où je m'accorde ce nouveau départ que j'estime mérité. Vi!!!!!

Dernière semaine à venir et dernières fois. WE à remettre le jardin en état après un hiver bizarre, pas vraiment un hiver... Dernière fois que la pelouse sera tondue. Et aucun regret, mais alors AU-CUN à laisser ce taille-haie que je devais manier en équilibre sur une échelle, sous un soleil de plomb et tenter de rendre à la haie-type-jungle-amazonienne un semblant d'horizontalité. Comment dire, aucun regret à tester le PH de la piscine, à réamorcer la pompe de ladite piscine, à devoir arracher les mauvaises herbes de l'allée gravillonnée. 

Il y a des moments dans la vie où il faut savoir dire : ça, ça n'est plus pour moi. Et là, le moment est venu. Pas de nostalgie. Les souvenirs sont là, à l'intérieur. Mais il ne m'envahissent pas. J'aime penser à tous ces beaux moments. Mais pas tout le temps. L'énergie pour avancer est là. 

Je quitte les lauriers roses pour les palmiers.

Je quitte le Canigou pour l'Esterel.

Je laisse le Golfe du Lion pour la baie des anges.

Je tourne le dos à la vigne pour les étendues de lavande.

Je dis au revoir à la Basse pour retrouver le Paillon.

J'échange la frontière espagnole pour la frontière italienne.

Bye-bye Barcelone. Hello Milan!

Et puis.... the cherry on the top : retrouvailles avec la famille!

Et ça, c'est bonheur!!!

Pas mal de nouvelles pages à écrire.

Je ne cherche plus.

Je crée!^^

Au revoir, maison.

 

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