Sûrement aucun... Cependant, pour la première fois depuis 6 mois, j'ai assisté (et sans doute favorisé, je l'avoue) à une "réaction" accompagnée d'une "discussion" à propos d'une intervention publique d'une passagère du métro.
J'explique...
3:30 pm, je suis dans la ligne A, express, "confortablement" installée (c'est à dire assise, ce qui est une chance vue la fréquention du métro à cette heure de la journée), cartable et sac isotherme à mes pieds, sac à main sur les genoux, lunettes sur le nez, l'histoire du "roi Arthur" de Michaël Morpurgo commencée depuis peu. Le jeune roi gouverne depuis peu et se trouve à la tête de ses troupes, prêt à en découdre avec les Saxons. J'adore ce moment où je m'extrais de la réalité, du monde sonore environnant pour me plonger délicieusement dans l'univers de l'histoire du moment. J'ai d'ailleurs souvent failli râter mon arrêt.
Bref, à un moment, une dame s'est mise à parler assez fort. Comme il est de coûtume d'entendre les conversations des gens et de ne pas y faire trop attention, je tente à nouveau de retrouver mes troupes, les combats faisant rage et les Saxons ne voulant pas battre en retraite. Ni cette dame, qui, non contente de parler de plus en plus fort, se lève et s'adresse maintenant à tous les passagers du wagon. Pour faire court, voici son discours :
- L'importance de croire en Dieu ; la fin étant proche, nous ne devrons notre salut que grâce à la foi...
Sauf, qu'après 20 minutes d'invectives continuelles, cette dame ne s'arrête toujours pas et crie de plus en plus fort.
Quelques regards échangés avec 2 ou 3 passagers me laissent penser que nous sommes au moins 3 ou 4 à être quelque peu lassés de ce discours long et tenace. C'est alors que je me permets de faire un petit commentaire à mon voisin :"you know, for me, it's strange such a situation...". Il est vrai qu'en France, je suis pratiquement certaine que quelqu'un aurait réagi.
Mon voisin sourit et me dit que la situation est cocasse, car il est en train de lire un livre sur le yoga et la spiritualité et que ce qu'il lit est aux antipodes de ce que "hurle" (maintenant, c'est le cas!!!) la dame. Il tente alors un semblant de communication en disant à la dame qu'il la trouve très en colère.
Que n'avait-il pas dit là!!! La dame continue de plus belle et c'est maintenant un 3e monsieur qui nous dit qu'ici, c'est comme ça... qu'on est aux Etats-Unis (bon rappel, je m'en étais tout de même aperçu) et que la foi de cette dame était sa propre foi, et qu'elle pouvait ne pas correspondre à la nôtre, mais que nous devions respecter la sienne.
Sauf que là, il ne s'agit pas de respect, ni de liberté d'expression, mais bien de quelqu'un qui hurle, sans arrêt, et qui prend tout un wagon de personnes très fatiguées, qui n'aspirent qu'au repos, presque en "otage" de ses propres convictions.
Liberté d'expression, je veux bien. Mais là, c'en était trop!!!
A la 34th , je change de wagon et me replonge avec délice dans les récits du jeune roi. Mais la fatigue est là et je somnole jusqu'à Utica. Ce n'est pas beaucoup demandé, non?![]()