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Snatch steal!

Je rentrais plus tôt aujourd'hui car j'étais très fatiguée, la tête qui tournait ; bref, classique chez moi lorsque je n'en peux plus, une chute de tension, sans aucun doute.

Il était midi environ, lorsque je suis sortie de la station de métro. Soleil de plomb, je traverse le petit parc Fulton et marche lentement vers Mc Donough Street (ma rue).

Sitôt engagée dans ma rue, un individu surgit derrière moi et me prend mon cartable puis s'enfuit en courant droit devant lui.

Je reste tétanisée, bloquée et mon premier réflexe a été de parler en français "oh non! mon cartable".

Puis j'ai crié au voleur "bring me back, please! There is no computer inside... There are just notebooks for kids. I'm a teacher". J'ai répété ces phrases une dizaine de fois, l'individu continuant à s'enfuir droit devant.

En entendant mes cris, les habitants des bronwstones sont sortis de chez eux, les conducteurs de 4x4 se sont arrêtés puis ont très vite compris la situation.

Ils se sont mis à courir après le voleur, et ont même failli l'attraper.

C'est tout un quartier qui s'est mobilisé pour signifier à ce jeune malfrat : "ici, on ne veut pas de ça! Allez faire ça ailleurs! Regardez, on est tous ensemble!!!".

Et ça a marché.

Le jeune a jeté mon cartable près d'un arbre, a tenté un slalom entre les gens puis s'est enfui pour de bon.

Quelques voisines m'ont entouré, réconforté avant d'appeler la police, qui 5 minutes plus tard était là.

Deux policiers ont recueilli mon témoignage et m'ont demandé si je souhaitais porter plainte.

Je ne l'ai pas fait. Je n'étais pas blessée. Et j'avais récupéré mon cartable, et le plus important, ma clef USB (1 an de travail, de dossiers, de diaporamas, d'exercices) et mon notebook avec un an de notes et de renseignements très précieux.

Choquée (je ne vais pas dire le contraire) et épuisée, je suis rentrée à la maison.

Je ne suis pas sortie de la journée. Un sentiment étrange tout à coup mêlé de peur, de colère et de résignation. Il va falloir sortir à nouveau, mais peut-être (comme me l'a conseillé mon propriétaire) la tête moins penchée en avant, l'air plus sûre de moi, en alerte.

Facile à dire, mais la fatigue est là, beaucoup de choses à résoudre en 15 jours maintenant, et lorsque je marche dans la rue, il est vrai que je pense à un million de choses, mais sûrement pas à un gamin de 18 à 20 ans qui penserait à me dérober ma vieille sacoche d'ordinateur avec un classeur, un cahier usé et une trousse datant de 8 ans...

Pas géniale la journée.

Et dire que je travaille dans le Bronx ; et que cet épisode s'est passé à Brooklyn. Etrange tout de même!

Demain, j'irai guérir de ce traumatisme à Manhattan, dans quelque centre commercial qui n'a pas son pareil pour consoler de petits chagrins et grandes peines (musique à fond, cabines d'essayage et petits prix).

Carte bancaire bien câlée au fond de mon portefeuille, bien rangé dans mon sac, plaqué contre moi.

Ah non mais!!!!! Maintenant, qui s'y frotte s'y pique...

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